Une partie de cette série a été publiée dans la revue TK-21 accompagnée d’un texte de l’écrivain, philosophe et critique d’art Jean-Louis Poitevin « Sur le tranchant de la ligne » :

« D’abord la ligne permet de relier et faire se rejoindre des parties apparemment inconciliables de l’esprit. Elle est, de la métaphore, le double calculé et visuel en ce qu’elle fait de deux mondes ignorant tout l’un de l’autre comme le sont deux points sur la carte du monde pas encore né, des frères, certes inconciliables, mais à jamais unis. Dans le même temps, à travers le même geste, elle déchire l’espace qu’elle invente en se posant sur la feuille blanche de la pensée. Ou du moins le partage en deux parts inégales.
(…)
Pourtant, cette poésie dont se réclame Antoine Tricot n’est possible que si se met en place une ligne d’un nouveau genre, ou si l’on veut d’un genre peut-être plus originel que la ligne textuelle, celle de l’association primitive entre des éléments variés, celle de la conjonction immédiate par l’ordre sériel de la cacophonie du réel, de cette blessure qu’il ne cesse d’être pour l’homme.
Cette ligne est celle de la mise en série d’éléments discrets, sorte de projection mentale de la possibilité de s’approprier l’inaccessible moment du premier regard de l’homme sur le monde.
 »
Jean-Louis Poitevin

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